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03 décembre 2020
{PORTRAITS}

Rémi Moriceau, ancien d'Epitech et co-fondateur d'une entreprise innovante

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Diplômé d’Epitech de la promotion 2009, Rémi Moriceau est aujourd’hui Directeur Technique d’Aniah, une société qu’il a co-fondée avec Vincent Bligny, qui automatise les tests électriques dans l’industrie de la microélectronique.

 

 

Après une levée de fond de plus d’un million d’euros, Aniah est désormais labellisée DeepTech, soutenue par plusieurs acteurs privés, ainsi que par la Banque Publique d’Investissement. Aniah apporte, selon Rémi Moriceau, la réponse à un problème qui a pénalisé les acteurs de la microélectronique depuis trop longtemps.

La réussite d’un parcours atypique

Après un BTS en informatique industrielle, Rémi Moriceau a travaillé pendant 7 ans dans différentes sociétés. Il décide finalement de reprendre ses études sur le tard, et choisi Epitech Paris qu’il rejoint en troisième année.

« J’avais envie d’une école avec beaucoup de pratique ; et la pédagogie par projets d’Epitech me plaisait bien » raconte-t-il.

Suite à son diplôme, Rémi Moriceau part à Lyon pour aider à créer une nouvelle entité : le campus de Lyon avec le Directeur actuel : Mathieu Champely. Il décide ensuite de prendre la responsabilité du laboratoire de sécurité de Paris, puis celle du Hub Innovation. Finalement, à force de voir des personnes monter des projets dans ce Hub, Rémi a eu envie, lui aussi, de créer les siens.

Il prend alors la Direction Technique d’une société à Grenoble, spécialisée dans l’IoT, le pilotage de l’éclairage public, et l’optimisation de la collecte de déchets, où il gère un bureau d’études de 20 personnes. Il rencontre finalement Vincent Bligny avec qui il fondera Aniah.

La découverte du secteur de la micro-électronique

Lorsqu’il rencontre Vincent Bligny, Rémi Moriceau ne connaît absolument pas le domaine de la microélectronique. « Vincent m’a expliqué qu’il voulait automatiser et fiabiliser des tâches pour l’instant faites partiellement, et avec un fort investissement humain. Cette volonté faisait suite à une expérience qu’il avait vécue dans un précédent emploi et d’où il avait acquis la conviction qu’une solution automatisée était possible. Il m’a demandé d’implémenter une solution, ce que moi, je savais faire ».

 

 

Les deux collègues réalisent un prototype rapidement, qui devient fonctionnel au bout de deux mois seulement. Ils proposent leur solution à des clients qui accrochent à leur idée, ayant identifié ce besoin lors d’échecs antérieurs. Forts de leurs expériences passées en tant qu’entrepreneurs, ils créent Aniah, qui compte maintenant 10 salariés, dont 4 anciens étudiants d’Epitech.

« Aniah, c’est une rencontre entre quelqu’un qui vient du métier de l’électronique et qui en connaît les problématiques : Vincent ; et quelqu’un qui sait réaliser des tâches complexes en informatique : moi »

Le réseau Epitech : une vraie « richesse »

Si parmi les 10 salariés d’Aniah, 4 sont issus d’Epitech, ce n’est pas une coïncidence. « J’ai voulu recruter des Epitech dans mon équipe technique car je sais qu’ils sont motivés, dynamiques et qu’ils apprennent vite, raconte Rémi Moriceau ; deux sont d’anciens camarades de promotion, et deux autres sont des étudiants que j’ai rencontrés lorsque j’étais responsable du département sécurité d’Epitech Paris ».

À 40 ans, 10 ans après sa sortie de l’école, Rémi Moriceau nous confie que le réseau d’Epitech compte encore beaucoup pour lui. « Je garde beaucoup de liens avec l’univers Epitech. On ne s’en rend pas forcément compte quand on fait des études, mais c’est une vraie richesse, c’est très utile ».

 

 

Rémi a pu mesurer la valeur des enseignements que la méthode Epitech lui a apportés. « Je ne connaissais rien à la micro électronique, mais ça ne me faisait pas peur de me lancer dans un domaine inconnu. Bien au contraire, Epitech m’a appris à apprendre et à être adaptable sur n’importe quelle problématique ».

« On devait travailler sur des projets qui étaient des entrainements sur des domaines qu’on ne maîtrisait pas. C’est cette capacité d’adaptation qui m’a permis de résoudre des problématiques complexes dans un milieu que je ne connaissais pas du tout »

Le travail en « mode projets » est également un enseignement positif pour Rémi, qui a appris, très tôt, à gérer une équipe, à mettre en place un ensemble de procédures et à mener à bien un projet depuis son idéation jusqu’à sa commercialisation. « C’est quelque chose qui a été mis en place ces dernières années avec les EIP (Epitech Innovative Projects) et qui est réellement utile ».

Aniah : une solution innovante qui révolutionne déjà le milieu

Si la solution d’Aniah est aussi performante et qu’elle a réussi à convaincre de nombreux investisseurs, c’est parce qu’elle met en correspondance une approche algorithmique nouvelle avec un besoin marché ancien, auquel les solutions apportées ont toujours été insuffisantes.

 

 

Basée à Grenoble, Aniah a mis au point une solution qui automatise les tests des règles électriques lors de la conception d’un composant électronique. Chaque fois qu’une puce est créée, il faut en effet réaliser une batterie de tests pour vérifier des erreurs électriques. « En gros, on vérifie que l’une des 4 pattes de l’un des 5 milliards de transistors n’est pas mal connectée, ou que l’un des transistors n’est pas sous-dimensionné. Faire ces tests sans outils, c’est impossible » précise Rémi.

Le monde de la micro électronique, devant la complexité de son métier, favorise des boucles de fabrication et correction, plutôt que de tester à chaque étape de conception dans une démarche de conception de qualité.

« Pourtant, précise Rémi, des tests de validation formelle peuvent nettement accélérer la mise sur le marché et réduire les coûts du projet de plusieurs dizaines de millions d’euros. Devant l’accroissement conjoint de la complexité des circuits et des garanties de fiabilité opérationnelle demandées, la solution d’Aniah devient incontournable. La réussite au premier spin de fabrication est possible ! ».

Et Aniah réussit à convaincre ! En juin dernier, la bourse French Tech Emergence visant à soutenir les startups qui évoluent dans le domaine de la DeepTech a été attribuée à Aniah. Une reconnaissance de qualité puisqu’elle s’attribue aux startups « offrant une innovation révolutionnaire qui va perturber le marché auquel elles s’adressent ».

Puis, la BPI (Banque Publique d’Investissements) a elle aussi évalué la technologie ainsi que la proposition de valeur d’Aniah et a validé son potentiel de croissance.

On souhaite donc une belle réussite à nos anciens étudiants Rémi, Nicolas, Pierre-Charles et Sylvestre ainsi qu’au reste de l’équipe, pour faire d’Aniah un succès pérenne.




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