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06 janvier 2021
{PORTRAITS}

Portrait d'Anthony Lapenna, Alumni d'Epitech Lyon

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Anthony Lapenna, diplômé d’Epitech Lyon en 2012, a un parcours très intéressant. Il a quitté la société qu’il avait intégré à la fin de ses études pour voyager en Nouvelle Zélande. Grâce à un blog qu’il tenait à l’époque, il se fait repérer par une société qui travaille sur la technologie Docker. Pendant quelques années, il cherche des fonds de la part d’investisseurs. Aujourd’hui, cette société Portainer.io vient de lever 2 milliards de dollars. Retour sur son parcours.

Ses débuts en informatique

Anthony rejoint Epitech Lyon en Tech3 S. Il intègre directement la troisième année du programme Grande Ecole, ayant déjà fait une année de faculté d’informatique et obtenu un DUT en Informatique. Si la fac ne lui convient pas de par sa pédagogie, le DUT se rapproche un peu plus de ce que recherche Anthony, moins de théorie et plus de pratique.

Après cette première expérience, Anthony est sûr d’une chose : poursuivre ses études en informatique. Mais où ? Et avec quelle pédagogie ? Au hasard de ses recherches, il participe à un forum et découvre Epitech.

Il raconte :

« Ce qui m’a plus, c’est qu’il y ait beaucoup des projets et énormément de pratique ! Pour moi c’était donc mieux qu’une école d’ingénieur, qui reste généraliste et théorique. En plus, je me suis rendu compte qu’il m’était possible d’entrer directement en troisième année (Tech3S) ».

La découverte d’Epitech

La Tech 3s est une année particulière. Très exigeante et très prenante, elle condense les trois premières années du Programme Grande Ecole en 12 mois :

  • De septembre à décembre : Piscine Tech 1 + Programme Tech 1
  • De janvier à mars : Programme Tech 2
  • D’avril à août : programme Tech 3

C’était assez hardcore, on avait beaucoup de boulot. Au début on était 15 – 16 personnes, et après le premier mois de Piscine Tek1, ma promo est passée à 12. On était très peu nombreux et il y avait une très bonne entente entre tout le monde. On était comme une famille. Ce qui m’a beaucoup plus c’est la diversité des projets qu’on a pu réaliser. La pédagogie était parfaite pour moi : rechercher des solutions et les adapter à la problématique. C’est exactement la pédagogie qu’il me fallait

En quatrième année, Anthony décide de partir à Rimouski au Canada. Il en profite pour effectuer un stage en interne dans le service informatique de la faculté.

« On avait des cours d’informatiques locaux, de math, d’anglais… Ça m’a été utile surtout sur le plan personnel, J’ai adoré mon année ! » raconte-t-il.

En cinquième année, Anthony part à Paris et se concentre sur son projet EIP et son stage de fin d’études. Il explique : « Dans mon EIP, nous proposions de remplacer le pilotage des automates industriels par de l’informatique standard. Moi j’ai bossé sur la partie logicielle, pour intégrer un IDE, un ensemble d’outils spécifiques destinés au programmateur pour lui permettre d’optimiser son temps de travail et d’améliorer sa productivité »

L’après Epitech

Après plusieurs entretiens infructueux, notre Tech3S postule dans une start-up, dont le chef technique avait fait Epitech, pour un poste de développeur. Son entretien et assez original : « j’avais rendez-vous avec le chef technique, un ancien d’Epitech. Ce dont je me rappelle, c’est que l’entretien a duré 2 min, j’ai présenté mon parcours, et il m’a demandé si j’étais prêt à rejoindre sa boîte. Je me suis retrouvé ingénieur système alors que j’avais postulé pour un poste de développeur »

Anthony rejoint la jeune start-up Work-It avec la volonté découvrir ce milieu. Il intègre donc une équipe d’une dizaine de personnes. Il y reste trois années au bout desquelles l’effectif est passé à une trentaine de personnes et 3 millions d’euros.

Après un passage de deux ans en ingénieur système, Anthony décide de basculer en Dev Ops, au moment où ce métier commence à émerger.

J’étais curieux d’autre chose, j’ai posé ma démission et je me suis dit : que faire maintenant ? Est-ce que je reste sur Paris ? Je n’y avais pas d’attache particulière, j’ai donc commencé à réfléchir : pourquoi pas aller à l’international ?

Le grand départ

Cette idée d’immigrer trotte dans la tête d’Anthony qui pense alors retourner au Canada, pays d’accueil de sa quatrième année. Mais pas facile d’obtenir un visa… Il songe alors plutôt à l’Océanie. L’Australie ? ou plutôt la Nouvelle Zélande ? Finalement ce sera la Nouvelle Zélande, car le Visa est facile à obtenir. Le jeune homme avait un peu d’argent de côté, une date de départ, mais pas de date de retour : « Mon optique était juste de voyager, de visiter et de pratiquer l’anglais ».

Anthony réalise son premier voyage début 2016. Il passe alors six mois de détente, de voyage, de rencontres, principalement à Auckland, la capitale économique. Il se dit alors qu’il peut être intéressant de se créer un réseau. A l’époque, Anthony tient un blog axé sur le Dev Ops principalement, une passion qu’il cultive depuis maintenant quelques années.

Une boite néozélandaise est tombée sur mon blog, a vu sur mon LinkedIn que j’étais sur place et m’a contacté. Je les ai rencontrés et j’ai beaucoup échangé sur Docker, avec une des personnes présentes à la réunion qui avait monté sa boîte en Indonésie. A l’époque, les opportunités liées à cette technologie étaient faibles en Nouvelle Zélande. Mais cette personne, qui fournissait des compartiments docker à ses clients avait besoin de quelqu’un pour maintenir les mises à jour et faire de la relation client. J’ai donc sauté sur l’occasion.

L’aventure Docker et l’open source

Initialement deux dans l’entreprise, ils décident d’implémenter une interface afin d’améliorer l’expérience client.

A cette époque, la technologie Docker était encore très récente, et les clients de l’entreprise en étaient encore à découvrir l’outil. Avec son background en technique, Anthony développe en 3 semaines un prototype pour ses clients. Avec son collègue, ils avaient déjà des idées de développement et ils se sont rendus compte qu’il n’existait aucun autre outil de cette augure. C’est comme ça qu’est né Portainer.io

C’est à ce moment qu’ils décident d’open sourcer le code et la traction autour du projet devient massive et rapide. Ils créés ainsi leur société autour de l’open sourcing. Mais la problématique qu’ils rencontrent alors est toute naturelle : comment générer des revenus avec une solution basée sur l’open source… ? 

Quand en 2017, le visa d’Anthony expire, il rentre en France et continue à travailler à distance.

On est restés seulement deux pendant deux ans mais on voyait qu’il y avait un vrai engouement, même si on n’avait pas encore trouvé la façon de monétiser notre travail. Mon but quand je suis rentré en France était de faire parler de nous, pour qu’on puisse se faire repérer par de grosses entreprises. J’ai fait énormément de meet-up en Europe de l’Est et en Asie. A l’époque tout était à mes frais, c’était une boîte sans revenu.

Et finalement, la solution

Finalement, la stratégie fonctionne en 2018. Une grosse société de consulting les repèrent : celle qu’il avait rencontré à Oakland, quelques années en arrière.

En mai 2018, Anthony obtient un nouveau visa et 500 000 dollars d’investissements. Avec ces fonds d’investissement, ils créent alors un business model pour voir comment commercialiser cet open source.

Ils décident alors de chercher des fonds d’investissements directs et de sortir une version entreprise du logiciel, avec du support, tout ce qu’une société peut avoir besoin.

« On a cherché pendant 6 – 8 mois des fonds d’investissements. À l’heure actuelle, des investisseurs sont venu vers nous des Etats-Unis, d’Australie et de Nouvelle Zélande. À partir de là, le premier a fait bouger et les autres ont suivi. Sur ces six derniers mois, nous avons levé 2 millions de dollars néo-zélandais.

La solution Portainer Business proposant un kit complet prêt à l’emploi à destination des entreprises sort le 10 décembre. On lui souhaite de réussir !




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